Blanc comme neige

INFOLETTRE DE MARS

Dorénavant je publierai les infolettres directement sur mon blog.

brushes-3129361_640À venir : ouverture de mon atelier à Saint-Augustin-de-Desmaures avec des cours de créativité, des ateliers d’écriture et des expos, des expos, des expos …

21 avril : Convention des beaux-arts, Lévis

21 avril-20 mai : Bibliothèque Roger-Lémelin, Québec
16-17 juin : Visit’Arts, Québec
17-19 août : Plaines Couleurs, Québec
1er sept-31 oct : Expo perso à L’Accroche pied, Saint-Augustin

« La peinture, c’est d’abord le peintre, ses outils, les matériaux qu’il emploie, son atelier, tous les prolongements techniques de son propre organisme en action. C’est son travail et le produit de son travail. C’est son activité professionnelle, sa vocation, son effort. C’est son métier. Sa technique. »
René Passeron (1962)

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Vue de Delft, Johannes Vermeer, 1659-1560

J’ai longtemps cherché la perfection en peinture, en étudiant la peinture des maîtres flamands, l’anatomie artistique, la perspective et la théorie des ombres. Il s’agissait pour moi d’aller toujours plus loin dans l’académisme : affiner le trait, épurer la ligne, créer des illusions visuelles, impressionner. Puis j’ai compris que je ne pourrais plus poursuivre ma quête de l’impossible. Il suffit de s’arrêter, et de regarder autour de soi : la vie est là, à portée de main.

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Depuis, j’observe  la nature, les arbres, les végétaux, les animaux, les êtres qui la peuplent. Je m’attache à peindre le monde tel qu’il est et surtout, tel que je le perçois. La main, le regard, une toile, des pinceaux et des couleurs : ce sont mes seuls outils, qu’en bonne ouvrière je  m’efforce d’exploiter au mieux. Je  monte, colle et enduis mes toiles avec de la colle de peau que je prépare moi-même. Je broie des pigments naturels et je fabrique mes propres huiles. Le tout à l’ancienne, comme les peintres d’autrefois. A ceci près que je n’utilise pas de solvant à base de térébenthine mais de l’essence d’orange ou de l’huile recyclée. De cette façon, je plonge réellement au cœur de la matière et de la nature, et en exprime le meilleur. Je modèle les formes et les volumes à la main et au pinceau, en un corps à cœur parfois éprouvant. J’aime travailler avec des matériaux bruts : la toile nue, dont la texture et la trame restent visibles par endroits. De cette façon, la lumière inonde la toile et les couleurs apparaissent par touches tantôt délicates et subtiles, tantôt larges et généreuses. C’est un travail en un seul jet, sans aucun retour en arrière : le geste est spontané, car la peinture est l’expression même de la vie. Dans un style figuratif libre parfois à la limite de l’abstraction, je cherche avant tout à exprimer des émotions brutes, dans un geste ample et spontané. Corps, paysages, animaux et emblèmes totémiques : les forces et l’énergie vitale de la nature m’inspirent une peinture authentique, que l’on peut toucher et manipuler.

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Jackson Pollock en action, 1950

Rappelons que le fait de peindre sur une toile blanche est une démarche assez récente qui remonte à la Renaissance. Autant dire rien du tout en histoire de l’art ! Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si on commence à trouver à Deserres de plus en plus de toiles brutes déjà montées, ainsi que des panneaux de bois de merisier ou de peuplier. Beaucoup d’artistes contemporains préfèrent préparer leurs toiles eux-mêmes et apprécient d’en trouver déjà toutes faites.

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Le blanc n’est pas une couleur et, mis à part la neige omniprésente qui envahit tout à Québec, on n’en trouve pas dans la nature. Et encore : le blanc reflète toutes sortes de couleurs, du bleu de ceruleum au bleu indigo, en passant par le violet de cobalt et le gris de Payne.  Celui-là, je l’aime bien. Je l’utilise depuis des années en aquarelle et j’ai eu récemment l’idée d’en mettre aussi dans mes huiles. Pourquoi ? À petites doses, ce gris transparent et bleuté permet de foncer les couleurs d’aquarelle sans les transformer. À l’huile, j’en mets pour rehausser les couleurs par effet de contraste simultané en remplacement du noir, que je n’aime pas. Sauf le noir de fumée, proche de l’étain. Mais le noir, au même titre que le blanc, n’est pas une couleur. Surtout ne foncez jamais vos couleurs avec, vous allez les étouffer avec un immonde caca d’oie. Utilisez-le plutôt en réserve, pour mettre en valeur les couleurs par opposition. Rien de tel qu’un fond noir pour créer des effets de relief, grâce au clair-obscur.

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La Madeleine à la veilleuse, Georges de La Tour, 1642-1644

En janvier je soulevais la question du syndrome de la page blanche et donnais quelques pistes pour le vaincre, aussi bien en écriture qu’en peinture. Certains froissent et déchirent une feuille de papier pour exorciser leur peur, d’autres se lancent dans une série de gribouillages plus ou moins artistiques ; l’essentiel étant de dédramatiser le processus de création.

Ce mois-ci je pose la question du blanc, du noir et de leur interaction avec les couleurs. Je ne donne pas de solution, mais propose juste des pistes de réflexion, comme ça, en passant … Le débat est ouvert.

Et vous, avez-vous peur du blanc ?

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2 réflexions sur “Blanc comme neige

  1. La peur du blanc…. on ne devait pas avoir peur puisque toutes les couleurs y figurent….C’est curieux ce que tu dis au sujet du gris de Payne… Je me souviens que tu me disais d’éviter à tout prix de m’en servir mais à la place faire des gris colorés! Je viens de ranger mon atelier et de découvrir que j’avais quelques châssis vides. Je me remettrai à tendre des toiles brutes dessus un de ces jours quand j’aurai fini les toiles que j’ai en avance!
    Après 8 ans de silence visuel, je me remets à la peinture. C’est sûr que devant la toile blanche je suis comme un cheval qui renâcle et s’arrête brutalement… un peu perdue… puis quand le sujet sort des limbes , ça vient tout doucement. D’abord des formes informes puis comme si la brume se levait, l’invité de la toile que parfois je ne connais pas au départ arrive!. Je peins par association d’idées. Par exemple, un jour je vais dans la forêt. Il y a des mots qui surgissent, des images autres qui viennent…. , je dessine sur place puis comme toi je prends des photos. Je ne copie jamais les photos. Elles servent juste de support à ma mémoire. et parfois mon cerveau ne voudra représenter que certaines choses qui m’ont frappées plus que d’autres!

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    1. Pas d’accord pour le gris de Payne, je n’ai jamais dit qu’il ne fallait pas l’utiliser ! Juste ne pas en abuser … Certains ont tendance à trop concentrer les pigments d’aquarelle et dans ce cas cela devient de la boue … J’ai sans doute voulu te mettre en garde contre cette tendance à l’époque, rien de plus. En te souhaitant de belles créations !

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